Voilà bientôt 3 mois que nous n’avons pas eu de pluie, et les épisodes de canicule récents n’arrangent rien.

Il y a une quinzaine de jours, à mon retour de we Oleronais, j’apprends que des chenilles processionnaires ont été signalées dans le petit bois où nous passons parfois avec Haxo.

Avec la chaleur de ces derniers jours, nous partons plus tôt et le gros pépère m’entraîne plutôt vers les champs et la rivière… qui est presque à sec.

Ce samedi nous voilà dès 6 h en route vers une destination que seul Haxo connaît à l’avance (c’est SA promenade donc c’est lui qui décide).

Le temps orageux de la veille, bien que sans aucune goutte de pluie, a fait baisser la température et c’est enfin respirable.

Haxo aime les parcours du combattant, quelle que soit la saison !

Nous voilà donc à traverser les champs, bien dans les traces de tracteurs afin de ne rien endommager. Et le parcours du combattant débute, le sol sec comme une boite de gâteaux bretons est zébré de crevasses en comparaison desquels le grand canyon ressemblerait à une ride sur le visage d’une trentenaire. Mon sakapuce se déplace sans trop de problèmes grâce à ses 4 pattes motrices, bien que de temps à autre je le vois tomber dans une de ces crevasses. Pour moi, c’est plus compliqué et je me tords fréquemment une cheville.

Enfin sortit de là, nous continuons sur des chemins bien plus faciles et Haxo profite de sa balade en sniffant goulûment chaque bosquet, sentant la douce odeur du gibier, creusant difficilement quelques trous dans ce sol dur comme du béton.

Bref, la vie est belle et nous cheminons ainsi jusqu’aux étangs où il se délecte d’une eau à la fraîcheur toute relative et se baigne avec délectation tout en surveillant avec intérêt quelques palmipèdes intrépides en train de barboter non loin de lui.

L’heure du retour approche, et le soleil sortant de sa cachette derrière quelques nuages et pleine désintégration commence sérieusement à me taper sur la cafetière. Nous longeons la voie ferrée désactivée afin de trouver un peu d’ombre et j’aperçois dans un chêne un « cocon » de chenilles. Nous nous éloignons et arrivons à une bifurcation : à droite le bois et son ombre rafraîchissante, à gauche le chemin qui contourne le bois, tout ensoleillé, où règne déjà une chaleur étouffante.

Fait trop chaud pour ne pas profiter de l’ombrage !

Bien sûr, Haxo se dirige vers le bois, et bien que réticent à y passer, je décide quand même d’y entrer. Après tout, il y fait bon et dans cette partie il n’y a pas de chêne.

Malgré tout, je tiens mon gros pépère à côté de moi tout en scrutant avec attention le sol et les arbres. Haxo semble comprendre mon inquiétude et reste bien à mes côtés, me lançant fréquemment un regard interrogateur et où il me semble déceler une certaine crainte.

sleepy-haxo

À un moment, je vois un chêne, et sur le tronc, à quelques centimètres du sol… un truc blanchâtre translucide ! Tout en nous écartant, j’observe ce truc et distingue dedans des chenilles par dizaines… Brrr !

Enfin, nous approchons de la sortie (qui dans l’autre sens devient l’entrée principale) du bois, plus qu’une cinquantaine de mètres…

Seulement voilà, c’est aussi là que se trouve la majorité des chênes de ce bois ! Et je vois que le sol est tapissé de feuilles mortes, ce qui est étrange à cette période. Et en levant mon regard, je vois plusieurs « nids » ! J’avance lentement d’encore deux ou trois pas, tenant Haxo en laisse courte, puis je marque un arrêt. Je me retourne, scrute les arbres en hauteur et… ce sont des dizaines et des dizaines de cocons emplis de chenilles que je découvre avec un peu d’incrédulité et mes cheveux (enfin ceux qu’il me reste) se dressent sur ma tête !

Courage… Fuyons !

Pas rassuré pour deux sous, je décide courageusement, avec ma bravoure naturelle, de rebrousser chemin !

Nous voici donc à retourner sur nos pas et je vois des cocons partout. En fait dans l’autre sens je ne les voyais pas, mais là ….

Nous prenons un chemin de traverse, à droite, afin de regagner les champs, toujours à l’affût du moindre cocon, de la moindre chenille sur le sol.

Enfin, nous quittons la zone des chênes et regagnons les champs. Nous longeons le bois et regagnons enfin la civilisation.

Et bien sûr, c’est là à quelque trente mètres du bois que j’avise une pancarte de mise en garde !

C’est bien les panneaux

Car (j’ai appris ça hier) suite à des problèmes avec des enfants en sortie scolaire qui se sont trouvés en contact avec ses affreuses bestioles, madame la maire, a pris des mesures drastiques. Et faisant preuve d’une grande responsabilité et d’un esprit de prévention hors du commun, madame la maire a courageusement fait placarder un panneau format A4 sur le tronc d’un pauvre tilleul qui ne demandait rien à personne, panneau avertissant d’un potentiel danger dû aux chenilles processionnaires du chêne.

Bien sûr, seul ce panneau situé à une trentaine de mètres de cette seule entrée avertit les badauds. Pour ceux qui comme moi passent par un autre chemin il n’y a pas de danger !!

Reste qu’on est pas prêt d’en être débarrassé (des chenilles pas de madame la maire), car la sécheresse et les températures actuelles ne provoquent pas chez ses bestioles une envie irrépressible de descendre pour s’enfuir dans le sol afin de se transformer en papillons. Et quand bien même demain la température du sol et les pluies leur autoriseraient le voyage, les futurs papillons s’empresseront de coloniser à nouveau les chênes alentour et réapparaîtront encore plus nombreux l’année prochaine !

Bon, je sais… c’est long à lire ! Désolé 😉

Categories: Humour

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