… Ou comment j’ai adopté le meilleur des chiens.

 La recherche et la rencontre.

 L’histoire commence en Mars 2014. Alors que depuis déjà un long moment je suis sans emploi pour raison de santé, mon médecin insiste :

« Vous devez faire de l’exercice, de la marche… “

“Ha bah ouais, mais moi et la marche, à part pour aller chercher la voiture… ‘

Bon il est vrai qu’entre mon métier de routier et à présent une inactivité forcée, me voilà à titiller les 90 kg.

Je me mets donc à réfléchir et à force une évidence s’impose : pour me faire marcher, il me faut… un chien. Mais pas n’importe lequel, un chien qui va me pousser, me motiver.

Ma réflexion enclenchée, je commence par éliminer tous les saucissons sur pattes (plus faciles à porter qu’à traîner derrière soi), les trucs qui jappent sans arrêt et ceux qui bavent plus qu’un troupeau d’escargots dans une mine de sel.

J’en arrive à limiter mon choix sur 3, puis 2 ‘marques’ de chiens : Le colley dont j’ai un excellent souvenir de ma ‘princesse’, magnifique chienne disparue depuis déjà longtemps, et le Husky auquel je ne connais rien, mais que je trouve super beau.

Inconsciemment mes recherches se tournent vers ce dernier. Mais avant tout je cherche sur la toile les caractéristiques de ces chiens.

Ma vie bascule pour un poilu

Bip bip & Will E. Coyote (c) WarnerEt c’est à partir de là que ma vie a basculé ! En cherchant, on trouve (c’est l’idée même du principe), on trouve tout… et l’inverse.

Déjà certaines de mes certitudes et connaissances volent en éclats. En effet, comme nombre de « non initiés » je pensais bêtement que les Huskies étaient tous noir/blanc ou gris/blanc avec des yeux bleus, ce qui bien sûr est faux.

Donc de ce que je retiens c’est que le Husky est sportif (pas moi) et a besoin d’exercice (moi aussi), que le Husky est fugueur, chasseur, perd ses poils en grande quantité, est indépendant pot de colle (la contradiction ne m’a pas échappé), têtu, borné… Je dirais un chien compliqué, ou pas simple, ou les 2.

Étant de nature quelque peu insouciante et je-m’en-foutiste, je me dis qu’a chaque problème sa solution :

Sportif, exercice ? Ça tombe bien c’est ce que je cherche !

Fugueur ? Mon terrain est grillagé et il me suffira de « calfeutrer » les quelques trous.

Chasseur ? Bah s’il ne se sauve pas et que je le « dresse bien »…

Les poils ? J’ai un bon aspi et… une femme…

Indépendant ? Moi aussi !

Pot de colle ? On verra bien !

Têtu et borné ? Bah, il me connaît pas le futur toutou !

Et à ce moment vous aurez sans doute remarqué que j’ai zappé un des aspects les plus importants, le côté destructeur de la bête !

Bref, ces recherches sur différents sites me confortent dans mon choix, ce sera un Husky !

Je crois quand même devoir vous révéler un secret, si madame était OK pour un chien, comme toutes femmes elle souhaitait avoir son mot à dire sur le choix. Je lui glissais donc négligemment le nom de Husky de Sibérie a l’oreille, et devant sa non-réaction je pris son silence pour un oui.

À la recherche du husky perdu

Me voilà donc arrivé au moment de la recherche. Le fait de prendre un chien afin de faire de la marche exclue donc d’office un chiot, ce sera un chien « d’occasion » !

Me revoilà sur internet, cherchant dans les refuges et SPA alentour, ainsi que sur « leboncoin ». Le choix d’un chien et l’adoption étant pour moi quelque chose qui ne s’achète pas (ce n’est pas un meuble) je mets donc le curseur prix au plus bas. Le moins que l’on puisse dire c’est que les Huskies, s’ils sont inexistants dans les refuges par ici, sont nombreux sur ce site de vente… et ont tous les prix.

En fouillant, je tombe sur l’annonce d’Haxo et je suis surpris et émerveillé par ce chien blanc/roux aux yeux marrons. Cependant je continue ma recherche (qui va durer plusieurs jours formant environ 2 semaines) d’un noir/blanc aux yeux bleus, cette idée que je me fais du Husky étant tenace. Pourtant, régulièrement je reviens sur Haxo, Husky lof de 20 mois à vendre 300 €. Comme vous vous en doutez, j’ai fini par craquer et appeler le vendeur.

Bien sûr ça commence par bonjour blablabla puis je demande quelques renseignements, le premier étant pourquoi s’en sépare-t-il.

La réponse est pour cause de santé suite à un accident et on passe aux questions habituelles sur le caractère tout ça tout ça…

Bref je prends rendez-vous 3 jours plus tard.

La rencontre

Et donc, 3 jours plus tard, alors que je monte dans ma voiture le gars me rappelle et me demande :

« c’est sur hein vous le prenez ? »

« Heu bah non je vous ais dis que je venais le voir »

« Oui, mais… vous le prenez ? »

« Bah, je ne sais pas, ça va dépendre de lui !’ »

Il a du me prendre pour un farfelu, mais bon OK ad’taleur.

2 petites heures plus tard me voilà arrivé dans une ferme isolée au milieu de nulle part.

Un papy me fait entrer dans le garage sous la maison et appel son fils (le chien est à son fils).

C’est là que quelque chose me dit que… y a un loup ! Mais impossible de savoir quoi ?

Donc le fils arrive par l’escalier et avant même de voir le chien je remarque que le gars est tout bandé d’un côté (bras, torse, jambe…) et puis… Haxo ! Magnifique !

Le gars aux bandages le tient fermement alors je lui demande de le lâcher, regard embarrassé entre lui et son père, et il lâche le fauve.

À pas ‘de loup’, tranquillement, la bête approche, me regarde, me tourne autour, me renifle l’entre-jambes et le derrière, se place face à moi et… bondit, me pause les pattes sur le torse et vient me lécher le visage.

Après discutions (rapides) le gars me donne le chien et ses papiers. Il me donne aussi quelques jouets et une laisse, les gamelles et quelques autres trucs. Je lui verse « quelque chose » pour tout ça et voilà, en 15 min je me retrouve avec mon premier Husky.

Sans difficulté je le prends au collier, une horrible chaîne étrangleuse, et le fais monter à l’arrière de la voiture.

 La vie d’Haxo avant de nous rencontrer

C’est le moment de vous révéler ce que je sais de sa vie chez cet agriculteur.

2e maître il l’a depuis presque 1 an. Le « loup » vit en liberté, dort dans le garage ou la grange avec les vaches, sort le matin à 6 h et revient le soir. Entre temps bah, il est dans les champs en liberté.

Le monsieur s’en sépare, car suite a son accident de tracteur il ne peut plus s’en occuper, ses plaies se sont infectées à cause des poils, le chien est gentil et blablabla…

Pendant le voyage retour, tout en me demandant comment je vais présenter la chose à ma femme (en fait elle ne sait pas pour Haxo), j’observe la bestiole dans le rétro, lui parle… et après quelques kilomètres, alors que nous sommes sur l’autoroute, le voilà qui rapplique sur le siège passager et cherche à venir sur moi et à me lécher. Pas simple de conduire comme ça, mais bon on fini par arriver à bon port.

Enfin, nous voilà tous réunis

Je fais passer Haxo par le portail et le laisse sur la terrasse puis je repasse par l’entrée principale.

Ma femme me demande alors :

« t’étais où ? »

« Heu… suis allé voir un chien »

« ??? … ET ?? »

« Bah… regarde ! Il est sur la terrasse ! »

« Tu te fous de moi ? »

« Heu… non non regarde comme il est beau »

« Mais t’aurais au moins pu me demander mon avis ! »

« Bin… en fait… heu… je pouvais pas t’en parler ! »

« Et pourquoi Gilles Masci ? »

(là, quand elle m’appelle comme ça… c’est qu’elle n’est pas contente !)

« mais parce que… bon anniversaire ma chérie ! »

« ?? Tu me prends pour une buse ? C’est dans 3 semaines ! »

« Bin tu vois, pour une fois que je suis pas en retard et que j’oublie pas… »

 

Bon, on passe là-dessus et j’ouvre à Haxo pour qu’il fasse connaissance avec madame et mes 2 fils.

Et du coup, je vais en profiter pour changer de chapitre.

Categories: Humour

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