Vous êtes de plus en plus nombreux à nous faire part de pratiques déconcertantes concernant certains vendeurs / naisseurs de chiots. S’agit-il d’une réelle nécessité ou bien est-ce une vision d’un bénéfice substantiel supplémentaire ? Nous allons démêler le vrai du faux afin que chacun puisse se faire sa propre opinion sur la question sur l’adoption d’un chiot « à options » nordique.

Il est possible que certains mots de vocabulaire, notamment sur la génétique, ne vous soient pas familier. Pour palier cela, vous pouvez réviser les bases de la génétique.

Voyons  les différents points pouvant modifier le prix du chiot (mais il en serait de même pour un adulte).

Les « options » physiques

Le sexe

Lors de l’application d’un tarif différentiel sur le sexage, les femelles sont toujours celles qui se voient attribuer le prix le plus cher. La raison est simple, elles ont la capacité de porter et donc de pouvoir générer des revenus potentiels à leur propriétaire.

Le mâle, quant à lui, ne peut que saillir ce qui est moins rémunérateur et, avec une offre importante sur le marché, le cours est inévitablement à la baisse.

Il est important de rappeler que l’accouplement de chiens peut aussi véhiculer des maladies sexuellement transmissibles comme certaines formes d’herpès.

La robe

Sur le husky, il existe 4 types de robes. Il est possible de voir ou revoir le billet consacré à ce sujet pour ceux qui le désirent. Malgré la notion de dominance de la robe Irish sur les autres, la génétique, mêlée à un soupçon de réflexion, nous permet de déterminer la probabilité d’obtenir telle ou telle robe. Ainsi sur certains cheptels, la présence de certains allèles ou non font la rareté ou l’importance d’expression d’un phénotype. De ce fait, il n’est pas rare, sur certaines lignées, que certains gènes soient totalement absents faisant alors tomber la probabilité de les voir sortir à 0%.

Les yeux

Les études sur la couleur des yeux des huskies sont rares et il n’est pas possible de toujours faire l’analogie avec les humains. En effet, si 2 humains aux yeux bleus ne peuvent avoir que des enfants aux yeux bleus, ce n’est pas la même chose pour nos compagnons à 4 pattes, c’est bien plus compliqué. Des parents aux yeux bleus peuvent avoir une descendance avec des yeux bleus, marrons, noirs, ambres, vairons ou particolores. Il en est de même pour des parents aux yeux marrons mais dans une probabilité bien moindre concernant la couleur bleue.

Et c’est donc tout naturellement que cette difficulté d’obtenir des yeux bleus, sur certaines lignées aux yeux marrons, se voit surfacturée car rare et difficile. Cependant, cela ne traduit aucun caractère qualitatif supplémentaire. Tout est question d’offre et de demande.

Les « autres options »

La lignée

Pour les personnes insérées dans le monde professionnel, que ce soit en travail ou en beauté, certaines lices ou certains étalons ont obtenus plus de récompenses que d’autres, leur octroyant ainsi divers titres complémentaires. Ce succès, interprété généralement comme un gage de qualité, permet de revoir à la hausse la descendance. Est-ce une vérité universelle ? Pas si sûr. Pour les « vieux de la vieille », de nombreux bruits de couloirs convergent vers certains champions qui auraient reproduit des tares à gogo mais qu’il ne fallait surtout pas dénoncer.

Les tests qualitatifs

L’avancée de la science a permis de mettre en avant des malformations ainsi que des défauts sur un animal ou sur un cheptel. Le but est l’utilisation de ces données pour purifier les lignées de ces problèmes pour peu qu’elles soient bien interprétées et bien utilisées.

Parmi celles que l’on retrouve le plus souvent sur notre race favorite, on discerne :

D’autres races sont touchées par des maladies plus spécifiques mais qui pourraient aussi un jour venir contaminer d’autres races. Je pense notamment à l’hémophilie de type A.

Tous ces tests ont un coût et parfois même une durée de validité plus ou moins courte. Inexorablement, cette dépense supplémentaire doit être répercutée lors de la vente des animaux, qu’ils soient chiots ou adultes. Généralement, ces tests sont établis de façon homogène sur l’ensemble du cheptel mais lorsqu’ils ne le sont pas, cette somme peut être imputée de façon différente d’un animal à l’autre.

L’emplacement géographique

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il existe un dernier cas représentant un levier important sur le prix, c’est le lieu de vente. Que ce soit sur certains salons du chiot ou à proximité de la Suisse, bizarrement, certains tarifs se trouvent enflés sur une discrimination de faciès. Dans le même esprit, le véhicule ou la tenue vestimentaire des futurs potentiels adoptant traduit lui aussi une situation sociale ainsi que financière.

Conclusion

A partir des éléments précédents, nous avons pu voir les différents aspects qui pouvaient potentiellement pondérer un prix entre 2 chiots ayant la même provenance. Est-ce pour autant justifiable ? Pas forcément et au final cette pratique de tarification « à la carte » interpelle et choque surtout lorsque le prix final « toute option » fait doubler le prix du chiot.

Une fois encore, on ne peut que conseiller de ne pas agir sur un coup de tête, de prendre le temps de se renseigner sur l’élevage, de le visiter, d’échanger. À partir de là, chacun pourra juger si la vision et l’éthique convergent, confortant ainsi son choix ou non.

Crédit photo : Leticia Frei


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