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Nous avons vu les bases dans les deux parties précédentes (partie 1 et partie 2), attardons nous maintenant aux spécificités du husky. Ce billet va donc concerner principalement la robe du husky qui n’est qu’un des nombreux critères déterminant une production ou une lignée. Aujourd’hui, tout le code génétique est loin d’être décrypté, caractère, angulations, forme des pattes… C’est donc les observations du naisseur et son expérience qui lui permettront de fixer son phénotype à partir des leçons tirées des portées précédentes.

Couleur de base

Notre race adorée ne contient génétiquement que 2 couleurs de base stockée sur les autosomes :

  • Le noir
  • Le marron / roux

Pourtant il existe une multitude de teintes du gris très clair au gris loup puis au noir ou alors du cuivre au chocolat. Toutes ces variations colorimétriques ne sont que des fines nuances sur les tons de base. Parfois nous ne sommes pas d’accord pour déterminer vers quelle couleur tend le plus un objet. Qui n’a jamais contredit une couleur bleue en disant qu’elle était plus verte ? Tout est une question de perception individuelle et, dans la mesure où il n’y a que des variations légères entre chaque teinte possible, certains prendront pour gris un animal gris-loup car la frontière de l’un à l’autre est tout aussi subtile qu’entre deux animaux gris. Mais qu’en est-il du blanc ? Il faut distinguer tout d’abord 2 types de blanc :

  • Le blanc pur
  • Le blanc Isabella

Ce dernier correspond à l’une des couleurs de base tellement diluée qu’il donne l’impression d’être blanc et qui coïncide avec l’une des deux couleurs de base vues précédemment. On utilisera par la suite la désignation de couleur noire ou rousse tout en sachant que la vraie nomenclature serait noire et blanche ainsi que rousse et blanche. La couleur noire correspond à un allèle dominant, elle sera notée ‘N’. La couleur rousse correspond à un allèle récessif, elle sera notée ‘r’. De ce fait, un animal roux sera forcément homozygote ‘rr’ et un animal noir sera soit homozygote ‘NN’ soit hétérozygote ‘Nr’.

Voyons 9 exemples de mariage correspondant à toutes les combinaisons possibles. On considère un exemple simplifié avec 2 animaux avec la robe standard (c’est un détail important que l’on abordera plus tard). Pour les ‘matheux’, c’est donc une matrice 3×3 avec 3 doublets identiques correspondants à l’inversion de coloris entre le mâle et la femelle. Bien entendu, comme le mélange des gamètes lors de la fécondation est aléatoire il est probable que la portée ne respecte pas cette distribution de couleurs. Il en est de même pour le sexe des bébés. Si normalement il doit y avoir 50% de chaque, ce n’est pas toujours le cas et parfois même, la portée entière est du même sexe. Dans le cas n°1 et n°9, on constate une production à 100% de chiots noirs (incluant aussi les dégradés de gris). Si le nombre de chiots est suffisamment important, on peut conclure que le mâle est homozygote et qu’il ne pourra donc jamais produire de roux. Dans le cas n°2, n°3 et n°6, la production est aussi à 100% noire. Par contre, sans avoir l’ascendance, il est impossible de déterminer si l’on a affaire à des chiens homozygotes ou hétérozygotes pour ce gène. Dans le cas n°4 et n°8, la répartition entre noir et roux est à 50%, produisant 50% de chiots noirs et blancs hétérozygotes et 50% de chiots roux homozygotes. Dans le cas n°5, le fait d’avoir du roux traduit forcément 2 parents hétérozygotes porteur du gène récessif roux. Dans le dernier cas n°7, une production 100% rousse était prévisible du fait de la couleur des parents.

Type de robe

Attachons nous au type de robe maintenant. Il en existe 4 :

  • Irish (la robe la plus commune chez le husky, elle est de couleur noire ou rousse au dessus et blanche sous le ventre et les pattes). Ne me demandez pas pourquoi cette appellation, à ce jour, je n’ai pas trouvé de réponse. (Nom du gène : ‘si’)
  • Echarpe : sur le dos du husky se trouve une écharpe blanche plus ou moins importante. (Nom du gène : ‘sn’)
  • Pinto : appelé aussi ‘pie’ comme sur les équidés est une base de blanc avec des tâches plus ou moins importantes. (Nom du gène : ‘sp’)
  • Blanc pur : décrit précédemment, on dit aussi que cela correspond  à l’absence d’expression de la couleur. C’est un détail important à retenir pour plus tard. (Nom du gène : ‘sw’)

Chaque gène de cette liste est dominant sur le suivant donnant le tableau de résultat suivant : Dans cette version simplifiée basé sur un seul gène pouvant être composé de 2 allèles parmi les 4 listés ci-dessus, on peut donc déduire qu’il est impossible pour 2 chiens Pinto de produire de l’Irish (ou alors, le pédigrée n’est pas le bon). Si un chiot sur la portée comporte une écharpe, il peut y avoir plusieurs possibilités à cela :

  • les 2 parents sont hétérozygotes Irish / Echarpe.
  • les 2 parents sont hétérozygote Echarpe / Pinto ou Echarpe / Blanc.
  • les 2 parents sont homozygotes Echarpe / Echarpe.

Attardons nous sur le cas du blanc. Avoir un chien avec les 2 allèles de robe blanc / blanc ne veut pas dire qu’il ne comporte aucun allèle de couleur de base. Pour vérifier cette théorie, il suffit de marier un animal Irish roux (forcément ‘rr’) avec un animal blanc. Si la portée produit ne serait-ce qu’un chien gris, cela signifie donc que l’allèle noir (dilué en gris) a été apporté par l’animal blanc. Cette progéniture sera donc hétérozygote ‘Nr’ obligatoirement. Allons encore plus loin dans la déduction. Si la robe est Echarpe (et donc pas exprimée sur les parents car l’un est Irish et l’autre Blanc pur), elle provient forcément d’un allèle récessif hétérozygote de l’animal avec la robe Irish. Et voilà, comment à partir d’une descendance il est possible de vérifier un pédigrée mais aussi de déduire les gènes récessifs du génotype (qui n’apparaissent donc pas dans le phénotype).

Voici des exemples de chiens basés sur un mariage roux / blanc :

  • A-IDEALLY ICE’S SHINE ON ME x BARYNUK’S IOREK BIRMYSON AT IDEALLY ICE Un des fils, DEEPGLACIER ETHAN FIRE, est gris clair. (Merci Ana).
  • Jay x Liubov’s Gino (Lien sur la portée) 4 chiots entre le noir et le gris. On peut être quasiment sûr que Liubov’s Gino est homozygote ‘NN’. (Merci Mathilde).

Oxydation de la couleur

La recherche n’a pas encore déterminé combien de gènes intervenaient dans l’oxydation de la couleur de base afin d’offrir une telle diversité de couleurs. Dans un but de simplification, on ne va utiliser que 2 gènes avec chacun 2 allèles. Cela nous permet d’encoder 16 variations de couleur. On pourrait faire l’analogie avec l’informatique et le codage RVB des couleurs. Aujourd’hui, nos écrans utilisent 8 bits par couleur soit 256 possibilités. Cela représente donc 256³ = 16 777 216 couleurs différentes ce qui est bien assez pour nos yeux. Au delà, il y a fort à parier que peu d’entre nous en perçoivent les nuances.

Chez le husky la situation est identique, plus il y aura de gènes pour la couleur du poil et plus le nombre de teintes possibles sera important. À cette oxydation, il faut ajouter la longueur du poil et la couleur du sous-poil car ces deux paramètres combinés créent un effet d’optique jouant sur l’appréciation de la couleur globale. S’il n’y a pas d’étude précise pour le moment sur ces derniers, chacun peut commencer à retracer la généalogie de ses chiens car ces critères sont héréditaires.

Nous avons vu la complexité relative déterminant la couleur de nos animaux à 4 pattes préférés. Mais maintenant, pour avoir le chien de nos rêves, il reste tous les autres critères physiques mais aussi comportementaux. Et oui, éleveur, c’est un métier qui ne consiste pas à mettre kiki sur mémère, c’est un peu plus compliqué et c’est en partie ce qui différencie les bons éleveurs des moins bons. D’ailleurs, qu’est-ce qu’un bon éleveur ? …

Crédit photo : GDTIMag – Luc Laporte

Catégories : Génétique

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