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Il n’est pas nécessaire d’avoir un diplôme de maçonnerie pour faire un mur c’est bien connu. Il en est de même dans bien d’autres domaines que ce soit la pâtisserie ou la génétique et c’est ce dernier point qui nous intéresse aujourd’hui.

Nous verrons dans ce billet les notions élémentaires ainsi que le jargon minimum afin d’appréhender les principales notions de biologie et de génétique. Les explications qui sont fournies ici sont volontairement simplifiées pour pouvoir être appréhendées par le plus grand nombre et non pas dans le but de passer une prépa‘ vétérinaire. En effet, avec quelques notions et un peu de réflexion il n’est nul besoin d’être généticien pour comprendre le résultat que donnera un mariage. Si pour certains la génétique c’est un peu comme jouer « au petit chimiste », en réalité, il n’en est rien : en fait c’est tout l’inverse. L’étude et l’expertise permettent de prédire un résultat et non pas d’espérer car il n’y a aucune magie dans l’aboutissement d’un mariage donné.

Notions élémentaires :

Commençons par le commencement, chaque individu est constitué d’un patrimoine génétique que l’on appelle ADN. Ce patrimoine est découpé en plusieurs morceaux que l’on appelle chromosomes et qui sont répartis par paires (hormis certaines maladies génétiques comme la trisomie). Les chromosomes, présents dans tout être vivant, sont stockés dans chacune des cellules qui composent l’organisme de l’animal. Leur forme fait souvent penser à un ‘X’. Chaque côté du ‘X’ s’appelle une chromatide. La quantité de chromosomes dépend de chaque espèce. Chez le chien il y a 39 paires répartie en deux catégories :

  • 1 paire pour les chromosomes sexuels (symbolisé XX pour la femelle et XY pour le mâle et appelés hétérosomes car ils n’ont pas la même apparence).
  • 38 paires pour les autres (appelés autosomes).

C’est le sperme du mâle qui apporte le chromosome X ou Y déterminant le sexe final du futur bébé. La paire de chromosomes sexuels ne détermine pas uniquement le sexe de l’animal. Par exemple, sur le chat, la robe Ecaille-de-tortue ou Calico est spécifique aux femelles car elle nécessite 2 chromosomes ‘X’ pour s’exprimer. Les chromosomes sont donc une accumulation de gènes mis bout à bout qui définissent chaque individu et que l’on appelle génotype.

Chaque gène est représenté par un fragment d’ADN sur chacune des chromatides que l’on appelle allèle et qui permet l’expression d’une caractéristique qu’elle soit physique, comportementale ou autre. Chaque allèle ne code pas nécessairement la même information que son partenaire sur l’autre chromatide. Dans ce cas on dit que le gène est hétérozygote sinon il est homozygote.

Dans le cas d’un gène hétérozygote nous avons donc deux informations différentes, une sur chaque allèle, pour un même gène et de ce fait, il se crée une concurrence. L’expression ou non de l’allèle dépend donc de sa dominance ou de sa récessivité. Par convention, les gènes dominants sont caractérisés par une lettre majuscule tandis que pour les gènes récessifs, c’est une lettre minuscule qui est utilisée.

Nous verrons aussi qu’il existe des cas de codominance ou de pénétration partielle du gène. Les gènes constituants l’apparence physique constituent le phénotype de l’individu alors que le génotype est constitué du phénotype mais aussi des autres allèles qui ne s’expriment pas.

C’est au XIXème siècle qu’un moine du nom de Johann Gregor Mendel, lors de ses travaux en botanique, a mis en avant cet aspect de la génétique. Si on hybride un muflier à fleurs rouges avec un muflier à fleurs blanches, on obtient un muflier à fleurs roses et qui pourra produire ensuite des mufliers à fleurs rouges, blanches ou roses.

Il faut parfois plusieurs gènes pour coder une caractéristique ou une maladie. Sachant que la recherche scientifique sur les chiens est loin d’être aussi avancée que pour les plantes ou les humains, il reste encore un travail important à fournir.

Mais prenons l’exemple du glaucome (et autres maladies oculaires très à la mode en ce moment), chez l’humain, ce dernier nécessite la présence de plusieurs gènes. Sachant qu’il en existe plusieurs types et que tous sont loin d’être héréditaires comme certains le pensent, il va falloir attendre encore un peu pour avoir des conclusions fiables.

Brassage chromosomiques des gamètes :

On a souvent tendance à croire qu’un enfant hérite de la moitié du code génétique de son père et de l’autre moitié de sa mère. Si statistiquement la probabilité est de 50 % dans la réalité il en est tout autre grâce au crossing-over se produisant durant la création des gamètes mâles et femelles lors de la division cellulaire du patrimoine génétique. Et c’est bien entendu sans compter les mutations génétiques qui ne sont pas toutes synonymes de maladie. En effet, il n’y aurait pas eu d’évolution des espèces sans mutation.

C’est grâce à tout ce brassage que la diversité existe. Lors de la création des spermatozoïdes et des ovules il se produit une double division cellulaire que l’on appelle méiose chaque paire de chromosome est séparée et ensuite chaque chromatide se sépare de son homologue. A partir de là, il n’y a plus qu’ un seul  allèle de chaque gène dans le spermatozoïde et l’ovule. De cette fusion naitra un nouveau patrimoine génétique. Voici un schéma représentant visuellement ce qu’il se passe. Cela explique aussi pourquoi, certains enfants ressemblent plus à l’un de leurs parents ou de leurs grands-parents car ils vont hériter de gènes qui étaient certes portés par leurs parents mais qui étaient masqués par d’autres.

La méiose (source Wikipédia)

Adaptation de la Nature à l’environnement :

Nous savons tous que majoritairement les Italiens sont bruns aux yeux marrons et la peau foncée. D’un autre côté les Scandinaves et les Russes sont plutôt blonds aux yeux bleus avec une peau claire. Cela résulte de l’adaptation de l’homme à son environnement et notamment à l’ensoleillement pour la synthèse de vitamine D. Si des blondes aux yeux bleus sont génétiquement plus adaptées à vivre dans un milieu austral et froid il n’empêche qu’elles se sont aussi très bien adaptées aux plages de la Méditerranée.

La prédisposition génétique n’a donc pas empêché leur adaptation à d’autres milieux mais en contrepartie, leur peau est plus fragile aux rayons du soleil. Autre exemple, si votre chien vivant dans un milieu très froid vient à déménager dans un pays chaud il ne va pas conserver la plaine densité de son poil et va donc s’adapter à son nouvel environnement en perdant la quasi-totalité de son sous-poil.

Il faut garder à l’esprit que Dame Nature a quand même bien travaillé avant l’arrivée de l’Homme… Mais certains critères ne peuvent pas changer comme la couleur des yeux. Si certains disent que les yeux bleus du husky sont à la base une anomalie génétique, ils ont entrainé par la suite l’hétérochromie (vairon, particolore). Alors, n’est-ce point plutôt une adaptation de la nature afin de correspondre à son nouvel environnement comme ça a été le cas pour l’humain ayant colonisé les terres du nord il y a plusieurs milliers d’années ?

Maintenant que nous avons vu les notions principales, vous êtes fin prêts pour la seconde partie.

Crédits photo : GDTIMag – Luc Laporte

Catégories : Génétique

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