Si vous avez déjà oublié ce qui s’est passé dans le premier épisode, nulle crainte, retrouvez-le ici.

Je dis souvent que ce que j’ai fait pour mes huskys, je suis incapable de le faire pour d’autres races de chien. Oui, pour eux, j’ai été au-delà de moi-même et je les en remercie.

Quand le husky vous fait déplacer des montagnes

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Et la montagne c’était sans doute moi.

Il faut savoir qu’à l’époque, nous vivions, mon chéri et moi, dans un minuscule studio, du côté de Vitry Sur Seine. De nature, il n’y avait point. Des barres d’immeubles, en veux-tu, en voilà, ça oui.

Un petit terrain, autour de l’immeuble, mais interdiction formelle de laisser toutou y traîner ses guêtres sous peine du haro des proprios (eh oui d’un côté y avait les proprio, l’autre immeuble accolé était pour les locataires), et des gardiens… Inuit, l’un des premiers huskys « caniveau friendly ». Je ne vous raconte pas la vitesse avec laquelle, dès qu’il faisait mine de fertiliser le maigre parcours d’herbes, ni une, ni deux on filait au caniveau et mon loulou faisait dans le caniveau.

Je ne vous parlerai pas des idiots du volant qui s’amuse à raser votre chien lorsqu’il fait consciencieusement ses besoins dans le caniveau, pour ne pas gâcher les trottoirs. À l’époque, pas de sac à crotte, et je n’y aurai pas pensé. Bref, j’ai résolu le problème de ces crét… endimanchés en me plaçant toujours côté route, et plus de souci pour le Loulou.

Les balades en villes étaient aussi ennuyeuses pour lui que pour moi, alors tous les weekends, on allait à Vincennes… à pieds :

  • 1 heure aller
  • 1/4 d’heure à 1/2 heure lâché
  • 1 heure retour.
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Inuit et sa copine Ivania

C’était nos moments préférés. Et puis ne trouvant pas de boulot à Paris, la ville Lumières (il paraît), retour chez maman, à Orléans-la-Source où là, on avait de l’herbe, des pistes cyclables, de longues balades verdoyantes tous les jours. Le pied quoi ! Tous les soirs, une à deux heures de balades et Inuit était heureux. Si Inuit était heureux, alors je l’étais aussi.

Mais ça ne suffisait pas, Inuit n’était pas un pépère canapé, et mes horaires de travail ne me permettait pas de lui offrir tous les jours, une balade de deux heures. Il fallait que je trouve un sport qui me convienne et qui lui aille comme un gant. Il était temps que je soulève la montagne que j’étais pour son bonheur.

J’ai hérité d’un VTT

Par suite de soucis de genoux, le vélo et moi, on n’était plus trop ami. La marche à pied, ça forçait déjà pas mal, alors le vélo. Mais au fait, le vélo avec un husky, il le tracte, non ?

Retour au bouquin. Ben quoi ? On n’avait pas Internet à l’époque et quant au minitel…

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Achat du harnais, à l’époque les choix étaient plutôt restreints, il a fallu faire avec, et puis je savais que d’ici quelques mois, je devrais investir dans un plus gros harnais, à un an, on n’a pas la morphologie de deux ou trois. Je répare, regonfle, remets au norme mon vélo de ville, mais bon, je ne suis pas rassurée… « Dressage » à chaque promenade pour apprendre la droite et la gauche, un tour dans un sens, puis dans l’autre. On apprend le stop. Je vois bien que cela ennui Inuit ces promenades où l’on tourne toujours du même côté, mais il faut bien que l’un de nous deux maîtrise le concept droite-gauche. Vous retrouverez une anecdote à ce propos dans un prochain épisode.  Inuit n’était pas un « pétochard », il a été très facile de lui faire accepter le harnais. Mais on le mettait seulement quelques minutes, de temps en temps. Puis plus longtemps et plus souvent. Jusqu’à ce qu’il soit prêt… et moi aussi.

 

En avant la musique !

Ou plutôt « Courage moussaillon ! ». Fort heureusement, je n’étais pas seule pour le premier essai, mon beau-frère, un poil protecteur, et voulant peut-être me voir m’étaler de tout mon long (on ne sait jamais…) m’a accompagné pour ce premier essai. À l’époque, je n’avais pas les moyens d’investir dans une ligne de trait avec une barre d’attelage. Le moyen du bord fut : enrouler une partie de la longe au harnais d’une part et au pignon du vélo d’autre part. (Je déconseille toutefois mon option pour le bien-être de votre vélo…). Les premiers élans furent contrecarrés par un guidon plutôt mouvant et guère rassurant. Seb ne riait plus, il s’inquiétait… Ni une, ni deux, je contourne cet épineux souci en bloquant le vélo par un tour supplémentaire, et je maintiens le cap.

Les premiers tours de roues furent… comment dire, épiques, inquiétants, mais Inuit avait ça dans le sang, un coureur né avec au cœur, l’envie de faire plaisir.

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À l’époque, je n’avais peur de rien !

Mon beau-frère n’avait plus peur, il savait que je dominerais la bête : le vélo, pas le chien…

Même si ce premier essai fût concluant, je ne donnais pas cher de mon vélo de ville aux assauts triomphants d’Inuit sur les pistes, les trottoirs, et les chemins que nous allions empruntés, c’était fort inconfortable pour moi également.  Mais fort heureusement, j’ai hérité d’un VTT, enfin, façon de parler, je l’ai quand même payé. Ça valait bien le bonheur du chien et du maître non ?

Inuit n’était pas en odeur de sainteté à cause de ses consœurs, argh !

Ma mère s’était finalement attachée à Orline. Qui parti rejoindre le paradis bien avant l’arrivée d’Inuit. Ma mère jeta son dévolu : oui je lui avais finalement refiler mon virus du chien ! Son dévolu sur un caniche, certes, mais naine… du coup, sa taille minimale, contre un Inuit qui au garrot, était à la limite de dépasser les normes de beauté de la fédé des « yuyusks » de l’époque. Sans compter Volodia, qui avait une peur bleue du gros toutou, et qui était une chatte. Pas de bol… Du coup, mon pauvre Inuit restait dans le garage la journée et n’avait droit à ma chambre que le soir. Ce n’était cool, ni pour lui, ni pour moi. C’est pour ça aussi, qu’après m’être acquitté du ménage et du travail, je passais des heures et des heures avec lui dehors. Quelques parts, je n’avais qu’une hâte, retourner à Paris, pardon, à Vitry sur Seine rejoindre chéri et un chez nous où nous serions tous, si ce n’est dans les mêmes pièces (eh oui, là-bas c’était un studio, je vous le rappelle), au moins dans la même pièce.

Forcément, Inuit ne pouvait être un charmant chien toute la journée, et c’est ainsi qu’il a dévoré la selle du vélo. Faut bien s’occuper dans la vie, non ?  Le plus drôle dans cette histoire, c’est que mon VTT, il est toujours là, dans le garage, avec la marque des dents de mon premier husky. Et je crois que je ne changerais finalement jamais cette selle. À force, on s’habitue au déséquilibre. Et puis comme tout husky qui se respecte, il n’était pas bête et m’avait donc laissé de quoi ne pas être trop inconfortable…

Et vous, racontez-moi votre première sortie à vélo ? Fut-elle cool ou épique ? Votre loulou vous a t’il martyrisé ?

Catégories : Mode de vie

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