On dit souvent que le husky n’appartient qu’à un seul maître. En comparant les relations entre Inuit, Ontario et nous, je pense que c’est vrai. Si Inuit semblait ne s’intéresser qu’à mon époux au départ, il était devenu très proche de moi. S’il fallait obéir, il me regardait avant d’obtempérer à l’injonction de mon mari. Ontario, ce fut sans doute plus fort encore, car il a dû m’apprivoiser, plus que je n’ai eu à l’apprivoiser.

Et quand on n’en possède qu’un et que votre ado commence à choper le virus, ça complique un poil les sorties à VTT…

« Moi aussi ! Je veux faire du vélo avec Ontario ! »

 

Quand ma fille m’a dit cette phrase la première fois, elle avait à peine 11 ans. En bonne mère poule que je suis, pas du tout stressée et angoissée, j’ai refusé. Sans doute avais-je trouvé un prétexte foireux et fallacieux pour noyer le poisson, ou plutôt la promenade tractée.

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Sans doute, comme son père, ma réponse avait dû être : « tu prends mes bouquins sur le husky, le vélo, les ordres et on verra ça dans deux ans ». Oui, je sais, je suis trop mère poule !

Maëva n’étant pas du genre à se démonter, elle a lu le livre auquel je faisais référence. Elle a insisté pour venir en promenade avec moi à vélo, mais forcément, ce n’était pas ce qu’elle voulait.

J’ai finalement cédé… Ben quoi, les chiens font pas des chats !

Et c’est ainsi qu’une après-midi hivernale, avec une neige de quelques centimètres, nous sommes parties sur les routes de la Ferté — Vidame. En mère pas stressée du tout, j’avais bien évidemment attelé Ontario à mon VTT. Et j’avais aussi posé mes fesses dessus.

Le but : que Maëva connaisse les ordres et voie comment Ontario réagissait. L’avantage de la chaussée choisie, c’est que vu la météo et le passage, on se trouvait en sécurité, ou presque.

 

Les premiers essais, c’est souvent spectaculaire !

 

Ah non ! Non, finalement, elle n’a même pas eu le temps de monter dessus. Nous nous étions arrêtées après une grosse côte. Et j’expliquais à ma fille, justement, que lorsque tu sens que tu vas te vautrer, le mieux, c’est toujours de lâcher le vélo. Bon, je vous l’accorde, mon VTT n’aime pas ça, mais, honnêtement :

  • La pauvre bête avait plus de dix ans
  • La selle mangée par Inuit un jour d’ennui était toujours décanillé
  • Le vélo à terre, le chien se trouve désemparé et du coup, il vous attend, sauf en cas de mulot intempestif : eh oui, la vie n’est pas toujours bien faite.
  • Je préfère que le vélo souffre plutôt que moi
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Bon, ça ne se voit pas, mais je vous assure que la selle a bien été mangé !

 

Une fois tous ces points précieux établis, j’allie le geste à la parole. Ontario, habitué que je lâche le VTT en cas de chasse au mulot, ne s’en offusque pas.

On continue de discuter un peu avec ma fille, j’enfourche son vélo, prends mon téléphone pour la filmer. — Ah ! Ces paparazzi ! — Et elle se dirige vers le VTT pour reprendre la main, car Ontario le traîne sur la neige.

Comment vous dire ? Un tel accident. Avant même de monter en selle ! Et filmé en plus ! Bah oui quoi, la neige, ça glisse !

Le premier essai fut donc une chute mémorable en voulant ramasser le vélo. Si, si !

 

Non, mais ? Je ne suis pas un lièvre !

Croyez-vous que ça avait calmé ma miss ? Que nenni ! Le printemps arrivé : mademoiselle remet le couvert !

Bon OK ! Cette fois, direction les étangs de la Ferté-Vidames et leurs longues allées herbeuses et ombragées. Au pire, si elle tombe, elle atterrit dans la flotte, et moi je suis rassurée.

Le chien m’emmène donc jusqu’aux étangs, Maëva sur nos talons. On échange les VTT. Je suis petite, ma fille, grande pour son âge, c’est pour ça que le troc de monture ne pose pas de problème. Et la voilà partie ! Enfin presque.

Ontario démarre au quart de tour, certes. Mais il ralentit et repart en arrière. Pas moyen de le faire avancer avec Maëva sur le vélo. Pour elle, c’est une grosse déception. Ontario n’a qu’une envie, rejoindre celle qui pédale dans la semoule juste derrière lui : moi.

Alors, y a pas que pour mes chiens que j’ai soulevé des montagnes, hein !

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Il est clair que cette première séance fût un calvaire, pour moi, je deenais lièvre afin que monsieur coure. Une fois qu’il m’avait devancé, devinez ce qui se passait : il fallait que je le double pour qu’il daigne aller de l’avant.

Résultat, cette première équipée ressemblait à une épreuve de jeux olympiques pour moi. Et je n’avais décidément pas le niveau.

Maëva a adoré, sauf ce problème de maman qui empêche le chien d’avancer en ligne droite, plutôt qu’en aller-retour.

Mais il faut bien grandir, à la deuxième sortie, Maëva a résolu la question : « Maman, tu rentres ! Sinon, il ne voudra jamais courir avec moi. »  Et c’est ainsi que j’ai dû progresser encore, pour le bonheur de ma fille et de mon husky.

 

Mais, et vos enfants ? Ont-ils eux aussi attrapé le virus ? À quel âge ont-ils couru pour la première fois avec vos nordiques ? Quelles disciplines ont-ils choisies : course à pied, byke joring, kart, traîneau ? 

Crédits images :

Jaanus Jagomägi

Ontario : Magali Laguillaumie

VTT + Ontario : Magali Laguillaumie

Lièvre : Image par ErikaWittlieb de Pixabay 


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