La vie se présente rarement de tout repos avec un husky, surtout quand nos jardins sont mal protégés, non contre les intrusions, mais contre les départs intempestifs de nos loulous, avides de découvrir le monde. C’est à la fois le charme et l’ennui avec les nordiques.

Nos chiens fugueurs sont de toute façon pleins de surprises : combien de fois ai-je entendu de la part d’un voisin, qui venait me prévenir qu’Ontario s’était fait la belle : « Dis donc, il est bien dressé, hein ? Tu sais qu’il regarde avant de traverser ? » « !!! What the F… ! Damned », et autres joyeuses pensées me taraudaient alors l’esprit à propos de mon chien si bien discipliné. Comme quoi tout est relatif.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas de fugue dont je vais vous parler aujourd’hui, mais du retour des sangliers ! Si, si souffrez !

Les sangliers : le come back !

 

Lorsque l’on recherche un emploi, nous travaillons le plus souvent quand les autres se reposent, en vacances, y compris nos familles et enfants. Ce n’est pas de chance, mais c’est ainsi. Et cette année-là, j’allais passer une semaine seule avec toutou, pendant que chéri et enfants se régaleraient du bon air de la Creuse. Bah quoi ! C’est joli la Creuse !

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Ce n’est pas la forêt de Senonches, mais c’est tout aussi beau, et je suis sûre que des sangliers s’y planquent !

Allez savoir pourquoi je m’étais mis en tête — nouvelles baskets aux petons — de reprendre la course à pied. Je m’étais donc dit — à tort — : « Profitons de cette semaine sans mari et sans ados pour aller courir dans les bois avec Onta ! » Ainsi, je satisfaisais son désir de dégourdir ses papattes et moi, j’améliorerais mes performances pulmonaires.

Direction : la forêt de Senonches, 1 h avant le coucher du soleil pour un peu de fraîcheur pour mon husky et pour ne pas me retrouver dans le noir en plein bois pour moi. Oui, car je ne vous l’ai jamais confié, c’est vrai, je possède une forte tendance à savoir quand je pars en promenade et jamais quand je reviens. Du coup, un jour je filais pour une heure et l’on rentrait au bout de 3. L’inverse étant possible aussi. Mais là, pas envie de me retrouver en pleine nuit en forêt, sans lampe frontale et avec un chien qui vit sa vie pendant que je panique !

Bref, on arrive au rond de Sauveloup, direction tout droit, mon husky à quelques centaines de mètres en avant et moi derrière qui teste de nouveau la course à pied avec des baskets certes légères et finalement pas adaptées au sentier.

Ontario : mon sauveur

Me voilà donc courageusement en train de commencer mes premières foulées, tranquillement, car je sais bien que je ne vais pas tenir 15 minutes. Je me concentre sur mon souffle et sur ma résistance. En effet, le manque d’habitude se fera forcément vite sentir. Je ne lâche pas, je pense pouvoir encore forcer 5 minutes, puis je continuerais en marchant. Et quand j’aurais repris du pep, je repartirais en courant à petite vitesse. J’ai tout prévu.

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J’en suis là de mes réflexions, je suis même en train de me dire que c’est gonflant de courir. J’ajoutais que le faux plat se révélait bien plus dur que je ne l’avais estimé, pas pour le souffle, mais pour le genou et surtout je m’ennuie. Je n’aurais peut-être pas dû avoir cette dernière pensée… C’est alors que j’entends « groinf , groinf ». Là, sur ma droite, je ne le vois pas, caché par les herbes hautes, mais je l’ai bien entendu et il gratte à présent : le sanglier !

Vous connaissez l’expression « être paralysé de peur » ? Incapable de bouger, je suis tétanisée. De l’autre côté, je sens le solitaire qui s’agite, il frotte et racle le sol de ses pattes. Lui réclame de traverser, et je l’en empêche par ma seule présence. Personnellement, je voudrais bien me déplacer, mais je n’arrive même pas à vociférer. Je suis pétrifiée.

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Je lève les yeux, l’unique truc que je peux remuer sans crainte d’une ruade de mon pote pas pote caché dans le sous-bois. Je vois Ontario si loin que je n’ose pas crier de peur que ça énerve mon voisin de palier ronchon. Alors je murmure dans un souffle : « Ontario ! Au secours ! Aide-moi », je me dis qu’il n’entendra pas de toute façon. Et là, un miracle pour moi, Ontario se fige et m’observe, juste quelques secondes, puis il court en flèche à ma rencontre.

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Si Ontario n’a jamais été un grand sportif accompli, là, il a dû battre son record de vitesse. Arrivée à ma hauteur, il s’est faufilé ni une ni deux dans le fourré. Je n’ai toujours pas esquissé un mouvement.

Quelques secondes plus tard, j’assiste éberluée à une course poursuite de forme ronde entre Ontario et le sanglier. Deux puis trois petits tours et Ontario l’envoie se perdre à l’autre versant du bois. Et contre toute attente, il revient très vite à mes côtés. Ontario, pas le cochon sauvage !

Afin de remercier mon sauveur, et même si mes jambes flageolent, nous continuons notre promenade une demie heure, puis nous rentrons. Et durant plusieurs semaines, Ontario ne divaguera pas tant que nous n’aurons pas dépassé ce point stratégique du chemin. Il veille, furetant de son museau, à ce que le sanglier ne se trouve pas là, avant de s’éloigner et de vaquer à ses lubies.

 

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Fortement ébranlée par cette rencontre fortuite, je n’avais bien sûr pu m’empêcher de la narrer à ma famille. Mon mari, mes enfants ironisant allègrement de ma peur panique.

Maëva, qui se moquait bien de ma mésaventure, souhaitait faire une petite balade avec toutou et maman dans les bois. Ontario fut bien en peine de baliser l’allée : la demoiselle cheminait à quelques dizaines mètres devant moi. Notre husky jouait donc les éclaireurs avisés la devançant seulement de quelques mètres.

 

Sanglier toujours 0 — Ontario 2

J’avais baissé la tête quelques instants,  quand je la relevais, j’assistais à :

  • Ma fille tétanisée en haut du fameux faux plat
  • Une ronde chien/sanglier qui semblait ne pas vouloir cesser
  • Puis, même punition : sanglier évincé dans le sous-bois.

Une fois la sarabande terminée, ma fille me dit : « Je comprends pourquoi tu n’as pas bougé… Mais Maman, ils étaient à un mètre de moi ! »

J’appelle ça « la vengeance du sanglier » donc, ne vous moquez pas, vous voyez ce qui arrive ensuite !

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Plus sérieusement, cela devait être le chemin choisi par ce solitaire pour ses pérégrinations forestières et son heure de passage également.

On dit souvent que le husky n’est pas protecteur et fort indépendant. Quand je regarde comment, à chaque fois, Ontario s’est mis en danger pour nous protéger, je pense au contraire qu’ils sont forts protecteurs, et à bon escient. Il est clair que notre lien était particulier. Et je me demande souvent si je retrouverais jamais une telle osmose avec un chien.

 

Vos chiens vous ont-ils déjà protégé de dangers que vous n’aviez pas anticipés ? Racontez-nous vos histoires drôles à ce propos, nous adorons découvrir vos aventures !

Crédits images :
unsplash-logoJaanus Jagomägi

Forêt

Sanglier Image par Gerardo Antonio Romero sur Pixabay

Téléphone de Stefan Kuhn sur Pixabay


2 commentaires

Beauté sauvage · 23 mars 2019 à 8 h 32 min

Très belle histoire pour moi, oui certains huskys sont protecteurs, Lufy est toujours en liberté en campagne et forêts, mais garde toujours un oeil sur ma présence de ( peur de se retrouver seul) en vacances, lors d’une balade en campagne, nous avions emprunté un chemin sans issus , ne connaissant pas très bien les lieux, je garde Lufy en laisse, j’ai entendu un bruit derrière moi, Lufy a fait volte-face et était devenu fou de rage, je ne l’avais jamais vu comme ça, en faite, il y avait un homme bizarre derrière moi, d’un certain âge, je dirai une 60 d’année, style gitan mais très dinamique ce monsieur, (je n’ai rien contre eux, mais la personnalité de cette personne, son allure…enfin bref), Lufy s’était mis entre nous deux, l’homme voulait à tout pris s’approcher vers moi , il me parlait, je ne comprenais rien, tellement p’tit loup aboyé méchamment,j’avais du mal à tenir la laisse tellement qu’il tirait pour empêché l’homme de s’avancer, j’ai écouté mon chien, ce n’est pas dans ses habitudes de faire ça, on est partis en courant, j’ai entendu l’homme marmonner des injures, je pense que mon petit loup avait senti un très grand danger, il n’a jamais recommencé depuis..depuis c’est tout con, je vénère mon chien, pour moi c’est mon sauveur, une grande complicité s’est etablie entre nous , voilà mon histoire elle est moins drôle que la vôtre quoique aussi périlleuse, j’avoue un sanglier c’est pas brave du tout ….

    Beauté sauvage · 23 mars 2019 à 8 h 42 min

    Oups… j’ai fait quelques fautes dans mon 1er commentaire , désolée

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