J’admets, ce n’était pas très sympa de vous laissez en plan comme ça, avec juste un « sur la vitre… je vois ». Mais c’est le suspend, pardon, le suspens.

Je vois donc, sur cette vitre, après avoir eu la goutte au nez, faillit me faire embrocher par deux cochons sauvages et flageolante de mes pattes arrière, les yeux au bord des larmes : une grosse trace de patte. Super, Ontario est repassé par là ! Et toujours pas de museau de husky.

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Je suis néanmoins rassurée. Par principe, parce que monsieur a déjà ses habitudes, j’ouvre le coffre. C’est fou ce qu’un bruit particulier peut faire surgir : un toutou à langue bien pendue et dégoulinante, mais comblé de sa course folle à travers les bois !

 

Le printemps arrive, les tiques aussi !

 

L’hiver s’est fort heureusement déroulé sans incident avec les potes porcins d’Ontario. Alternance vélo et longues balades en forêt ont rythmé la saison. Je suis tout de même ravie du réveil du printemps, de sa douce chaleur et du jour qui s’allonge me permettant les grandes promenades autour de l’étang après le coucher des enfants.

Ce n’est pas faute d’avoir traiter Ontario, mais elles sont résistantes, et il suffit d’une inattention en retour de périple pour qu’une de ces suceuses de sang prennent possession de votre pote préféré. Je hais les tiques plus que les sangliers et les vipères. J’ai beau savoir qu’elles ne sont que le transmetteur de la maladie, je leur en veux toujours pour Inuit encore aujourd’hui.

tique male par André Karwath aka

Elles me font à peu près le même effet qu’une araignée, à la différence près que je ne les tue pas — peur de leur vengeance, sûrement —. En revanche, dès que je chope une tique sur le superbe pelage de mon loulou, je ne me gêne pas pour la cramer dans mouchoir en papier. C’est petit, mesquin, inutile, mais ça me soulage.

 

Et cette année, je me suis fait avoir : premier traitement anti-tique et puce réalisé trop tard, une de ces s… s’est invité au repas. Je ne l’ai vue qu’une fois tombée. Je lui fais sa fête avec haine et sans plaisir. J’ausculte Ontario à la recherche d’autres consœurs suceuses de sang, pourtant je ne trouve rien.

Le piroplasme s’invite aussi à la fête

 

Ontario vomit, il est mou et triste comme une feuille morte désagrégée. Je ne me pose même pas la question, c’est un direct chez le vétérinaire. Évidemment, je croise les doigts, j’espère que ce ne sera qu’une gastroentérite, une croquette qui passe mal.

Le nouveau vétérinaire est sympa, surtout, je ne peux pas lui en vouloir pour Inuit, il n’était pas là. Le cabinet m’apparaît du coup plus accueillant et moins froid. C’est totalement injuste de ma part vis-à-vis de son prédécesseur, sans doute cela est plus facile comme ça pour moi.

On parle des promenades que je fais avec Ontario, dans quel coin, etc. Je lui explique que j’ai déjà perdu mon premier husky à cause de la piroplasmose et que les symptômes d’Ontario ne me paraissent que trop familiers. Prise de sang, examen au microscope et primo infection. Les larmes et la frustration grimpent en moi comme un petit volcan.

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Forêt de Senonches l’hiver. Photo réalisée par Christophe Aubert

Le vétérinaire sourit et arrête tout de suite la montée en puissance de mon inaltérable imagination négative : « on peut encore le vacciner. » « C’est pas trop tard, ça va fonctionner ? » « Mais bien sûr que ça va fonctionner. Cela ne tuera pas les virus, mais ça ralentira la progression de la maladie et le protégera contre de futures réinfections ». OUF !

Bien évidemment, je ne le crois qu’à moitié, cela dit une piqûre contre une vie de 15 à 17 ans avec Ontario, ça vaut tellement le coup. Cette fois, je prends la bonne décision. J’accepte le vaccin et même s’il a subi des rechutes tout au long de sa vie, on a partagé bien plus que 6 petites années ensemble.

 

Les grenouilles coassent tandis que d’autres font plouf

 

Je vous rassure, je ne délaissais pas non plus mes enfants au profit d’Ontario, et parfois, les weekends, on faisait des sorties à 5. Maëva et Thibault sachant marcher tous deux, cela devenait plus simple de naviguer par les rues et allées de notre jolie ville.

Et quelquefois, le dimanche, j’avais des idées un peu saugrenues pour amuser tout ce petit monde, enfin, surtout mes enfants. Je décidais donc, entraînant mon mari dans cette folle aventure, de partir à la chasse à la grenouille. Je les entendais coasser tous les soirs en promenant Ontario alors forcément, ça me titillait de tester.

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Remettons les choses à leur place, je suis une fille de la ville, je n’ai jamais débuché de batraciens et internet ne dit pas toujours la vérité. À présent, vous pouvez vous moquer.

Nous voilà ainsi partis, chien en laisse, enfants sous le bras et chiffon rouge au bout d’une canne de fortune aux abords de l’étang de réserve. Oui, celui où tu ne pêches pas les poissons parce que c’est là qu’ils frayent. Je crois que je ne pouvais choisir pire étang pour cette expédition entre chien et loup. Ma fille devant, mon fils juste derrière, Ontario et moi à la suite, époux un peu au-dessus pour superviser, je suppose. Il suffit d’un rien, un papillon, un saut de grenouille, et paf ! Le chien prend son élan, pousse de ses fesses à gauche et plouf… Un Thibault tout mouillé qui pleure, un husky qui s’en moque et un cher et tendre qui vous engueule tandis que votre aînée, perplexe, ne comprend pas pourquoi les grenouilles n’attrapent pas le chiffon rouge !

Ontario fut toutefois ravi de sa promenade avec sa meute de bipèdes et personne ne fut blessé, pas même une bestiole.

 

Ce fut notre première et dernière chasse à la grenouille, les années suivantes, je trouvais d’autres moyens de faire découvrir les joies et les beautés de la nature à ma petite troupe.

 

Crédits images : unsplash-logoJaanus Jagomägi

Tique par André Karwath aka AkaTravail personnel, CC BY-SA 2.5, Lien

Forêt de Senonches l’hiver. Photo réalisée par Christophe Aubert

Grenouille 

Catégories : Mode de vie

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