Entre sarcasme et cynisme, les premières réactions face au message désespéré d’un maître ayant son ou ses loulous en vadrouille, ont de quoi décourager plus d’une personne. Pourtant, affolé et désemparé, cette réaction est normale pour chercher du réconfort et des conseils pour retrouver au plus vite « ses bébés » en adoptant les bons réflexes.

Soyons clair, le Husky ne fugue pas parce qu’il est mal chez lui (discours que l’on entend parfois dans certaines associations de « protection animale » arguant par la même que le maître n’est donc pas digne de retrouver un animal puisqu’il l’a laissé partir) alors que c’est dans son ADN tout simplement. Donc inutile de chercher des solutions mystiques, consulter un marabout ou tout autre grigri ce sera peine perdue. Chaque propriétaire de nordique le sait (normalement), vit avec cette spécificité et en fait son deuil.

Mais attachons-nous plus en détail à cette situation de stress fort inconfortable.

Les causes de la fugue

L’origine de cette balade imprévue peut être multiple mais généralement on ne se trompe pas beaucoup lorsque l’on cible ces axes-là.

  • La curiosité. Oui la curiosité est un vilain défaut mais c’est plus fort que lui. Lorsque cette petite voix résonne dans sa tête. « Allez, vas-y. Juste un petit tour. Tu verras, ils ne verront rien. Et puis, regarde cet animal au loin, il veut jouer avec toi. ». Et voilà, ni une, ni deux, le voilà sautant comme un cabri dans la campagne ou dans la ville à la recherche de cet hypothétique compagnon de jeu après avoir profité d’une porte ouverte ou d’un trou dans le grillage habillement dissimulé par une haie.
  • Des chaleurs d’une congénère. L’odorat de nos compagnons est très développé. Ils peuvent sentir des chaleurs loin, très loin, bien plus loin que le simple voisinage. Dans cette situation, le cerveau a souvent tendance à se mettre en position ‘OFF’ pour ne laisser que les hormones guider notre fidèle compagnon vers des ébats avec une charmante demoiselle. Oui le mâle peut être très bête dans ce contexte (bien entendu, toute analogie avec les humains à situation identique est à proscrire). Donc le fait d’imaginer qu’une cage de transport ou qu’une porte de séparation dans une maison puisse être suffisant est une grosse erreur. 10 ans auparavant, j’ai vu un mâle défoncer sa caisse de l’intérieur pourtant homologuée transport aérien. Ah, les joies du courage, de la force et de la motivation apportée par ces fameuses hormones…
  • Personne n’est à l’abri d’un collier ou d’une laisse qui se déchire ou qui glisse des mains de son maître. C’est pour cela d’ailleurs que l’on conseille de passer la main dans la hanse et de tenir la main plus loin.
  • L’appel du gibier est très présent dans la famille. Un lapin ou un chevreuil traversant en courant devant lui est un motif suffisant pour partir à sa poursuite de façon immédiate et sans écouter les mots de rappel de son maître qu’il écoute si bien d’habitude.

    Haxo et sa proie

    Haxo et sa proie

  • La peur est aussi une cause classique. Que ce soit par un bruit inhabituel (coup de feu, feu d’artifice, klaxon…) ou par un stimulus tout aussi exotique qu’anodin. Tant que les hormones sécrétées engendrent cette peur, l’animal est généralement fermé à toute obéissance.
  • Le manque d’exercice physique peut entrainer chez les chiens sportifs une certaine forme de frustration. Essayez de garder dans sa chambre pendant 15 jours un enfant habitué à vivre dehors en permanence et vous comprendrez de quoi je parle ^^. Donc oui, globalement, après une bonne séance de sport, il est fort probable que vous ayez une serpillière à la maison qui ne daignera pas bouger un orteil même si la terre venait à trembler.
  • Le vol. Trop souvent, le déni pousse les maîtres à penser au vol plus qu’à la fugue. Si certaines (petites) races sont les cibles de certains voleurs, le husky est un marché de niche compliqué. Sur tous les cas que j’ai pu voir, 99% des cas supposés de vol étaient des fugues. Le 1% restant étant indéterminé.

Les dangers

S’il faut reconnaître que, généralement, le husky revient de lui-même à son domicile après avoir fait sa balade plus ou moins longue, il n’en reste pas moins que l’environnement peut lui être hostile.

Parmi les situations extérieures les plus dangereuses, il faut prendre en compte quasi exclusivement l’action de l’homme car dans la nature, en France, le chien n’a pas vraiment de prédateur naturel. En témoigne les bavures, de plus en plus nombreuses chaque année, de soi-disant « chasseurs » à la gâchette facile se croyant à un ball-trap.

Certains pièges mécaniques ou chimiques pour animaux sauvages sont aussi de véritables fléaux car leurs poseurs n’assument généralement pas les soins sur un animal domestique blessé par leur action.

Les axes routiers et ferroviaires sont une autre zone de drame, le husky n’étant pas forcément impressionné par le vacarme d’une nationale, celui-ci peut vouloir la traverser.

Qui prévenir ?

Maintenant que notre compagnon s’est fait la malle, qui doit-on prévenir et dans quel ordre ? Tout dépend de l’horaire et de l’endroit (ville ou campagne) car tout le monde ne travaille pas 24/24h.

Parmi les organismes classiques, on peut chercher à contacter (quitte à laisser un message et à rappeler pour prendre des nouvelles ou leur dire que l’animal est retrouvé, c’est important) :

  • La mairie de la commune ou des communes concernée
  • La fourrière si ce n’est pas la mairie qui gère ce service
  • Les vétérinaires du coin
  • Les refuges et associations de protection animale qui auraient pu recueillir l’animal

Ensuite, on peut alerter les réseaux sociaux. PetAlert (Facebook) fait figure de référence dans le domaine. Si vous êtes membre d’un groupe dédié à une race ou à une région précise, il est possible de partager la publication PetAlert en sus afin de couvrir plus de monde tout en ayant une information centralisée. Rien n’empêche de poster sur son mur aussi. Vos amis ont peut-être vu ou entendu quelque chose sans pour autant être présent sur les réseaux sociaux liés aux animaux.

Donc contrairement aux messages que l’on peut lire parfois, être présent sur les réseaux sociaux tout en cherchant son compagnon ne sont pas 2 choses incompatibles.

Si, au bout de 1 heure ou 2, l’animal n’est toujours pas vu, on peut commencer à envisager d’imprimer des avis de recherche à installer dans les commerces et sur les poteaux.  Les nordiques peuvent courir vite et longtemps donc si personne n’a rien vu 1 km à la ronde, il faudra surement étendre le cercle de recherche à 5 ou 10 km.

Plus il y aura de monde de mobilisé, plus il y aura de chance d’une issu joyeuse rapidement.

Les réflexes (bon et mauvais)

Quel est donc le bon comportement à adopter dans une telle situation. Par où commencer ?

Certaines attitudes sont à proscrire sous peine de ne jamais voir revenir votre compagnon à 4 pattes lors de sa prochaine fugue. Je ne dis pas que ce n’est pas difficile de succomber à certains de ces mauvais réflexes mais sur ce coup-là, il faudra prendre sur vous.

La pire erreur parmi toute serait de gronder votre chien et ce, qu’importe la manière, car de son point de vue, le seul message qu’il verra c’est que son retour est synonyme de mauvais moment. Donc au contraire, vous devez lui faire la plus merveilleuse fête qu’il n’ait jamais eu. On pourrait être tenté de penser que le chien fuguera de nouveau dans l’optique d’obtenir cette même fête en retour, mais un chien n’est pas aussi sournois et vénal qu’un être humain.

Lorsque l’on voit son chien nous filer entre les pattes, l’autre erreur très tentante est de lui courir après pour le rattraper. Vous pensez sérieusement battre un husky à la course ? Non mais, sérieusement ? L’homme le plus rapide du monde, d’origine Jamaïcaine a tenu 44 km/h sur 100m. Ne rêvons-pas, peu d’entre nous sont capables de la moitié de ses performances. Et le husky ? Les chiffres sont variables selon les sources et les lignées donc je vais prendre les valeurs de notre confrère Baptiste entre 20 et 30 km/h. Et puis, lui prendra cela pour un jeu car après tout, avoir son maître qui lui coure après, c’est super amusant.

Donc si vous êtes à votre domicile ou chez des amis et que vous avez la possibilité de laisser le portillon du jardin ouvert avec un vêtement à vous que vous avez porté et pas encore lavé, laissez le dehors juste à l’entrée.

Prenez le temps d’écouter votre environnement. Si le husky est de nature discrète, il se peut qu’il réveille Médor qui dormait tranquillement et qui soudainement se sent l’envie d’ameuter tout le quartier pour indiquer la présence d’un intrus.

Lors des expéditions de recherche, prenez des friandises qui sentent bien. Un bon poisson séché qui pue, rien de tel. Le but est d’éveiller l’odorat. Après, rien n’indique que vous n’éveillerez pas l’intérêt d’autres animaux.

Si vous avez votre chien en vue, l’idéal est d’arriver à le confiner dans un endroit sans risque. Une impasse, un jardin de maison, regardez votre environnement et adaptez-vous.

Pensez à prendre d’autres chiens avec vous pendant les recherches, le fuyard pourrait être plus enclins à revenir vers vous pour retrouver des congénères.

Si le mâle est entier, une femelle en chaleur peut être une bonne idée. Dans l’autre sens, le nordique n’étant pas un chien de pistage, ça peut être plus compliqué car sentir une femelle en chaleur c’est une chose, la retrouver en prenant le chemin le plus rapide en est une autre.

Le drame

Malheureusement toutes les fugues n’ont pas des fins heureuses et on assiste parfois à des drames. Qu’importe notre âge ou celui de notre compagnon, la perte d’un être cher est un véritable déchirement que seul le temps permet de panser.

Nous vivons tous avec cette peur au ventre mais on peut faire en sorte de réduire les risques en ne laissant pas un animal sans surveillance, en vérifiant ses clôtures. D’ailleurs, savez-vous que généralement, si vous vous mettez de l’autre côté de votre clôture et que vous appelez votre compagnon à 4 pattes, il y a une très très forte probabilité pour qu’il repasse par le même endroit lui ayant servi d’échappatoire ?

Les options préventives

Lorsque vous déménagez, pensez à mettre à jour vos coordonnées postales et téléphoniques. En effet, le fichier canin associé à l’identification électronique (ou au tatouage) de votre animal doit être à jour pour pouvoir vous contacter si un professionnel regarde votre animal.

Les systèmes de vidéo-surveillance peuvent être utiles aussi pour donner des indications sur l’heure de fugue, le côté par lequel il est parti, le contexte… Et selon les modèles, elles peuvent envoyer des notifications sur le téléphone lors d’une détection de présence. Très utile si le chien doit passer par une pièce ou un endroit précis du jardin indiquant qu’il n’est plus au bon endroit. Plus la fugue est prise de bonne heure, plus les chances sont élevées. C’est donc une option à prendre en compte.

Il reste les colliers GPS qui permettent de localiser son animal via une application pour smartphone. De 20 € à 100 € il y en a pour tous les budgets. Ils sont associés à un abonnement mensuel pour la prise en compte des envois de données sur la localisation de l’animal.

L’après fugue

Une fois sa balade accomplie, vous risquez de constater quelques changements flagrants. Tout d’abord il y a une très forte probabilité que l’évadé soit revenu crado comme il n’est pas permis d’y penser. Mais ce serait sans compter sur l’association d’un parfum vomitif d’une partie du corps qui n’est pas vraiment belle localisé fort loin de l’organe olfactif. Et là, c’est une question de survie, il va devoir passer au nettoyage.

Haxo crado

Haxo crado

Après avoir été nettoyé et séché, pépère (ou mémère) ira probablement s’effondrer dans un endroit confortable pour récupérer de son expédition. Il est probable donc qu’il dorme beaucoup lors des prochaines heures.

Mais le grand air, ça creuse, surtout s’il est parti longtemps. Par précaution, attendez 30 minutes avant de lui présenter une gamelle de nourriture en demi-ration. Et si tout va bien, le lendemain il pourra reprendre sa dose normale. En effet, rien ne dit qu’il n’a pas mangé entre temps. Prenons l’exemple de cette vieille poubelle fort odorante qui l’a attirée durant son périple et dont il s’est empressé d’en explorer chaque recoin à la recherche d’un potentiel relatif festin. Maintenant, après avoir fait pitance, rien n’indique que ça ne lui donnera pas une diarrhée du tonnerre une fois revenu à la maison.

Pour finir…

Une petite note de rappel car l’article 1385 du Code civil est clair à propos de la fugue :

Le propriétaire est responsable du dommage que l’animal a causé, soit que l’animal fût sous sa garde, soit qu’il fût égaré ou échappé.

Voilà, maintenant que vous savez tout sur la fugue, vous pourrez appréhender la situation avec moins d’angoisse. Et moins d’angoisse, c’est aussi une capacité cognitive plus importante pour gérer les recherches.

Et puis, au prochain message d’un propriétaire ayant perdu, vous saurez comment le conseiller.

Dernière note, certains auront surement reconnu un clin d’œil au Donjon de Naheulbeuk extrait de l’épisode 14.

Catégories : Mode de vie

2 commentaires

Laguillaumie · 17 mars 2018 à 10 h 52 min

La fugue et le husky, une histoire bien connue des propriétaires de nordiques, en général. Tu fais bien de rappeler que rien ne sert de culpabiliser le propriétaire, il est déjà perdu sans son chien et lorsqu’il y a drame, je n’ose imaginer la peine décuplée pour ses propriétaires qu’on a stigmatisé. J’ai eu deux huskys, pas en même temps, l’un très sportif, l’autre très pépère… Le nombre de fois ou il a fallu « courir » après, malgré 2h de balades minimum par jour… À propos de « courir après son chien », je rajouterai qu’il peut prendre ça pour un jeu, en plus du fait que nous ne sommes humainement pas constituer pour les battre à la course !

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